President’s Statement On Racial Injustice

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DÉCLARATION DU PRÉSIDENT SUR L’INJUSTICE RACIALE

Chers membres de la communauté uOttawa,

Au cours de la dernière semaine, nous avons vu le monde être de nouveau confronté par la réalité du vécu quotidien de la communauté noire. J’ai pris du temps de réfléchir et développer ma perspective sur cette situation, non seulement en tant qu’homme noir, mais également comme Président du SÉUO, et en tant que leader, leader noir. À mes paires dans la communauté noire, sachez que je vous entends et je partage la même douleur que vous ressentez.

Alors que nous avons témoigné la mort d’Oscar Grant, Travyon Martin, Tamir Rice, Freddie Gray, Breonna Taylor, Ahmaud Arbery, George Floyd et encore plus aux États-Unis, au Canada, nous avons également vécu les décès de Michael Eglion, Sammy Yatim, Andrew Loku, D’Andre Campbell, Abdirahman Abi, Regis Korchinski Paquet, Chantel Moore, l’assaut sur Dafonte Miller, et toujours plus. Ce sont des personnes racialisées qui ont été condamnés mort pour avoir été né.

Resté dans la tourmente de mon propre silence, j’ai vu les premiers ministres Ford de l’Ontario et Legault du Québec nier le racisme institutionnel que beaucoup de personnes noires affrontent tout au long de leurs vies. Chers premiers ministres Legault et Ford. Quand nos noms suffisent pour se faire nier un emploi, quand notre couleur de peau veut dire que nous aurons plus de chances d’aller en prison, quand nos mères doivent nous avertir lorsqu’on sort, pas parce qu’elles craignent notre comportement, mais parce qu’elles craignent leurs comportements, n’est-ce pas du racisme dans vos yeux ? En partant des centaines d’années de génocide culturel envers les peuples autochtones, à la surreprésentation des personnes noires, autochtones et de couleur parmi les victimes de bavures policières, au recours excessif de force sur les défenseurs du territoire Wet’suwet’en récemment, il est évident que le Canada a une histoire de discrimination.

J’étais à nouveau pris d’horreur en témoignant du silence, de 21 secondes, du premier ministre du Canada, ayant refusé de dénoncer nos voisins du sud, et leur réponse violente au mouvement pour la justice raciale. Les paroles de nos leaders ne veulent rien dire sans actes réels. Ne pas agir, c’est être complice.

En pensant à ceux de notre communauté, victimes de bavures policières, je ne peux m’empêcher de penser à mon frère. Et si c’était lui ? Que ferais-je ? Quelle serait ma réaction ? Comment pourrais-je lui protéger ? Comment vais-je me battre pour lui, et que dirais-je ? J’ai pensé à George Floyd, qui en prenant ses derniers souffles, criait pour sa mère. Ma mère ne pourrait, ne devrait, jamais vivre une telle situation. J’ai pensé à mon père, qui après avoir subi une attaque cérébrale, est atteint d’aphasie et ne serait pas capable de communiquer avec les policiers. Qu’est-ce qu’ils lui feront ? J’ai pensé à ma petite sœur, parfois tête brûlée, mais avec un cœur doux. Aussi terribles que soient ces pensées, elles réfléchissent une réalité acquise en grandissant. Dès un jeune âge, on nous rend conscients de notre noirceur. Plus je vis, plus je réalise qu’on verra toujours ma couleur de peau d’abord.

Je suis un homme « de couleur » et ma vie serait toujours définie ainsi. Je vais toujours devoir travailler plus fort à l’école, et me comporter. On me suivra dans les magasins, je ferais connaissance de la police plusieurs fois dans ma vie, et je devrais toujours faire attention, écouter, et surtout ne pas résister. On ma également élevé pour être fier de mes racines, de qui je suis. Je suis le descendant de Almamy Samory Touré, qui a lutté contre le colonialisme. Je ne peux pas accepter de vivre dans une réalité où je porterais toujours le risque d’être tué à cause de ma couleur de peau, même si je me comportais comme un citoyen modèle. En tant que personne noire, je suis en plein droit de vivre avec dignité, sans crainte d’oppression, de violence, d’être maltraité ou tué par ceux qui sont sensés me protéger.

Nous attendons de voir notre université agir, considérant l’année qu’elle a vécu, les incidents de profilage racial sur notre campus, le fait qu’un de ces incidents soit désigné « une bonne crise » et les conclusions récentes du Bureau des droits de la personne. Nous avons besoin de diversité dans nos corps professoraux, de personnel et spécialistes sensibles à la diversité culturelle, de données recueillies sur une base raciale quant aux incidents violents et arrestations sur notre campus. Nous avons besoin d’un véritable dialogue, de conversations réelles, où nous confrontons notre réalité et mettons au défi la suprématie blanche.

J’aimerais prendre le temps de reconnaître et souligner le travail de l’Association des Leaders Étudiants Noirs (ALÉN), qui ne cesse d’œuvrer afin de rendre ce campus plus sécuritaire et accueillant pour les étudiant.e.s noir.e.s. Je veux également souligner les alliés qui ont su reconnaître et user de leur privilège afin d’appuyer et revendiquer aux côtés de la communauté noire. C’était une merveille de voir des milliers de personnes se présenter à la marche du vendredi 5 juin à Ottawa, et j’espère qu’il s’agira de bon signe pour l’avenir. En tant qu’homme noir et hétérosexuel, je reconnais que mon expérience est limitée et je m’engage à m’éduquer davantage sur comment mieux supporter ma communauté noire.

En tant que président du SÉUO, j’ai l’occasion unique d’utiliser ma plateforme pour vocaliser les défis affrontés dans la communauté noire et revendiquer pour mettre fin au racisme et à la discrimination sur notre campus. Nous allons mettre des fonds vers la lutte contre le racisme anti-noir tout en participant à la mise en œuvre d’un événement virtuel pour rassembler les étudiants noirs de notre campus. Le SÉUO travaille également sur une base de données complète de ressources et appuis pour les étudiant.e.s marginalisé.e.s et leurs alliés, en collaboration avec la Table ronde d’équité et les gouvernements étudiants reconnus (GERs). Nous vivons une période de crise et les étudiant.e.s sont non seulement en quête de leadership, mais également de communauté et de solidarité.

Lorsqu’on dit Black Lives Matter, ça veut dire que les vies noires méritent d’être traitées avec dignité, non comme le corps de Regis Korchiski Paquet, laissé sur le sol pendant 5 heures, après sa chute. Lorsqu’on scande Black Lives Matter veut dire qu’une personne noire ne devrait pas être 20 fois plus à risque qu’une personne blanche d’être blessé ou tué par le service de police de Toronto[1]. Lorsqu’on hurle Black Lives Matter, c’est que notre maison brûle, dedans notre peuple suffoque, on est entrain de nous tuer et ceux qui se préoccupent de nous ne sont pas ceux qu’on doit convaincre. Nous ne pouvons plus vivre ainsi. Nos enfants ne peuvent pas être élevés dans un tel monde. Il s’agit d’une lutte continue, qui ne s’arrête pas à la fin du cycle médiatique, et je fais appel à tous, surtout nos leaders, de participer activement et procéder à la réinvention de nos institutions. We can’t live like this anymore. Our children will not grow up in a world like this. This is an ongoing fight which does not end after this media cycle, and I call on everyone, especially our leaders, to actively participate and proceed with the reinvention of our institutions.